Deadhaus Sonata : un revenant dans l’industrie du jeu vidéo
Il y a des noms qui résonnent comme des légendes dans le monde du jeu vidéo. Denis Dyack en fait partie. Fondateur du défunt studio Silicon Knights, il est l’homme derrière Blood Omen: Legacy of Kain et Eternal Darkness: Sanity’s Requiem, deux titres qui ont marqué durablement les amateurs de dark fantasy gothique. Après des années difficiles, ponctuées par l’échec commercial de Too Human et la fermeture de son ancien studio, Dyack est de retour avec Deadhaus Sonata, un action RPG en développement depuis 2018 au sein d’Apocalypse Studios. Le projet vise une sortie en Early Access sur Steam courant 2026.
Un univers sombre ancré dans Malorum
Deadhaus Sonata plonge le joueur dans Malorum, un monde sombre et délabré où la frontière entre vie et mort a définitivement cédé. L’Empire Thacéen, dernier grand pouvoir de l’humanité, lutte pour sa survie face à une marée incessante de morts-vivants. Le joueur n’incarne pas les vivants, mais bien les morts. C’est là toute la singularité du titre : dans Deadhaus Sonata, les joueurs contrôlent des classes de morts-vivants appartenant à la Maison des Morts et combattent les vivants.
L’univers est riche et construit sur le long terme. Le jeu propose plus de 15 heures de narration doublée par des comédiens professionnels, et repose sur une psychologie profonde, un lore interconnecté et des conséquences pilotées par le joueur. Avant même sa sortie, le studio a déjà publié plusieurs saisons de pièces radiophoniques en ligne pour enrichir la mythologie du jeu.

Des classes variées et un système de progression ambitieux
Les joueurs pourront incarner des revenants, des wraiths, des vampires, des liches, des banshees, des goules ou encore des wights, chaque classe fonctionnant de manière radicalement différente. Cette diversité repose sur ce que Dyack appelle le « Trinary Archetype System ». Les classes orientées vers les dégâts physiques excellent au corps à corps, celles orientées vers la magie se spécialisent dans les sorts, tandis que les classes essentielles s’appuient sur des Artefacts, objets ayant acquis une conscience grâce à des entités surnaturelles.
Le jeu intègre également un système de compétences inspiré du tarot, où des cartes se débloquent via les quêtes et le combat, permettant d’assembler des builds distincts, qu’il s’agisse d’assassins très mobiles ou de mages de contrôle. La progression est complétée par un système de loot qui, selon le studio, abandonne le hasard pur au profit d’une approche déterministe basée sur la « Quantum Theory ».
Un gameplay coopératif et une structure free-to-play
Le jeu se joue en solo ou en coopération avec jusqu’à six joueurs, dans un monde persistant façonné par les choix individuels et collectifs, les équipements sentients et des événements dont les résultats dépendent du moment, du lieu et des actions entreprises.
Sur le plan économique, le modèle est free-to-play. La monétisation se veut entièrement éthique, sans pay-to-win, sans loot boxes, en s’inspirant de modèles comme Path of Exile où les microtransactions sont strictement cosmétiques. La devise interne utilisée pour les achats est appelée les « bones ».
Du côté technique, le jeu a migré vers Unreal Engine 5 en janvier 2026, après être passé successivement par Amazon Lumberyard, Open 3D Engine et Unity. Ce changement de moteur tardif témoigne d’un développement chahuté, mais le studio assure que cette transition garantit désormais une qualité visuelle à la hauteur des ambitions du projet.
Une démo et une Early Access prévues en 2026
Une démo était disponible dans le cadre du Steam Next Fest, offrant un aperçu des systèmes de combat, de progression et d’exploration. Le studio a déjà pris en compte les retours des joueurs, avec des optimisations de performances, des améliorations du streaming de textures et des ajustements de visibilité nocturne. À ce stade, le jeu approche les 25 000 wishlists sur Steam.
La sortie en Early Access est annoncée pour le printemps 2026 sur PC, avec un support prévu sur PlayStation 5 et Xbox Series X.

Conclusion : un projet qui mérite l’attention
Deadhaus Sonata n’est pas un projet comme les autres. Porté par un vétéran de l’industrie qui a su générer autant d’enthousiasme que de controverses, il ambitionne de réinventer l’action RPG dark fantasy avec une proposition narrative rare et un modèle économique responsable. Les fondations semblent solides, le lore est travaillé depuis des années, et la transition vers Unreal Engine 5 ouvre des perspectives visuelles intéressantes. Reste à voir si le studio saura concrétiser ces ambitions à la sortie de l’Early Access. Pour les fans de Legacy of Kain et les amateurs de fantasy gothique, c’est clairement un titre à surveiller de très près.
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