10 MMORPG gachés
Certains MMORPG entrent dans l’histoire pour ce qu’ils ont accompli. D’autres y entrent pour ce qu’ils auraient pu être. Budget colossal, licence iconique, mécanique innovante — il arrive que tous les ingrédients soient réunis pour un chef-d’œuvre, et que le résultat soit malgré tout une déception. Voici un retour sur dix jeux qui ont gâché leur potentiel, chacun à leur façon.
#10 — Les Sims Online
EA tenait en 2002 la franchise de simulation la plus vendue au monde. L’idée d’un monde persistant pour les Sims était révolutionnaire pour l’époque. Mais le jeu s’est révélé vide, sans progression satisfaisante, rapidement gangrené par des comportements toxiques que les développeurs n’avaient pas anticipés. Fermé en 2008, Les Sims Online reste une occasion manquée difficile à quantifier.
#9 — The Matrix Online
En 2005, la licence Matrix était encore dans toutes les têtes. L’idée d’un MMO d’action dans cet univers cyberpunk iconique avait tout pour séduire. Mais le jeu est arrivé trop tard, après que la trilogie cinéma avait déjà déçu une partie du public. La population n’a jamais décollé, les serveurs ont fusionné en urgence, et The Matrix Online a fermé en 2009 dans une quasi-indifférence.

#8 — APB: All Points Bulletin
Conçu par le créateur original de Grand Theft Auto, APB promettait GTA Online avant l’heure, avec un budget de plus de 100 millions de dollars. La personnalisation de personnage était en avance sur son temps, et le concept de deux factions s’affrontant dans un monde urbain persistant était ambitieux. Mais Realtime Worlds a tout dépensé pour sortir le jeu sans rien garder pour le faire vivre. Le studio a fait faillite trois mois après le lancement.
#7 — Bless Online
Des années de promesses, une direction artistique soignée, et un moteur graphique impressionnant. La hype autour de Bless Online en Occident était réelle. La réalité du lancement sur Steam en 2018 a été tout autre : Pay-to-Win assumé, bugs en pagaille, équilibrage inexistant. La communauté s’est retournée contre le jeu en quelques semaines. Un cas d’école de la mauvaise gestion d’un lancement MMORPG en territoire occidental.
#6 — Warhammer Online: Age of Reckoning
Développé par BioWare Mythic, Warhammer Online avait pour lui une licence parmi les plus riches du jeu de plateau et une mécanique de Realm versus Realm prometteuse. Le problème tenait à plusieurs facteurs simultanés : des déséquilibres de classes jamais corrigés, un contenu PvE quasi inexistant, et surtout la sortie concomitante de Wrath of the Lich King pour World of Warcraft. La population s’est effondrée et le jeu a fermé en 2013. Seul le serveur privé Return of Reckoning perpétue aujourd’hui son héritage.

#5 — WildStar
Techniquement brillant, visuellement original, WildStar proposait en 2014 un système de combat dynamique, un housing parmi les meilleurs jamais vus dans le genre, et des raids d’une difficulté assumée. Le positionnement hardcore a cependant repoussé le grand public à une époque où le marché évoluait vers davantage d’accessibilité. Le passage en free-to-play en 2015 n’a pas suffi. WildStar a fermé en 2018, laissant une communauté nostalgique et une question sans réponse : que serait-il devenu avec un meilleur ciblage marketing ?
#4 — Star Wars Galaxies
Lancé en 2003, Star Wars Galaxies était l’un des MMO sandbox les plus ambitieux de son époque. Près de trente professions jouables, un artisanat profond, un monde vivant dans l’univers Star Wars. Tout s’est effondré en novembre 2005 avec la New Game Experience, imposée conjointement par Sony Online Entertainment et LucasArts, qui a réduit les professions à neuf et banalisé le statut de Jedi. Les annulations d’abonnement ont été massives. Le jeu a fermé en 2011, mais les serveurs privés pré-NGE témoignent encore aujourd’hui de ce qu’il aurait pu rester.
#3 — ArcheAge
Navigation maritime, construction, système judiciaire entre joueurs, économie complexe, PvP ouvert — ArcheAge réunissait en 2014 une profondeur sandbox que peu de MMO ont osé proposer à l’Occident. Son propre modèle économique l’a progressivement détruit. Le Pay-to-Win s’est installé jusqu’à rendre le jeu injouable pour les joueurs non-payants. Trion Worlds a été racheté, le jeu retiré puis relancé sous une forme appauvrie. Une trahison en règle envers une communauté qui croyait sincèrement au projet.
#2 — New World Aeternum
Amazon Games. Des années de développement. Un budget sans limite apparente. Un lancement en septembre 2021 qui pulvérise les records Steam avec plus de 900 000 joueurs simultanés. Trois mois plus tard, les serveurs sont à moitié vides. Les bugs majeurs, un endgame inexistant au lancement et une communication catastrophique ont torpillé l’élan. La refonte baptisée Aeternum n’a pas permis de retrouver les sommets initiaux. Quand même Amazon échoue à maintenir un MMORPG, le genre envoie un message difficile à ignorer.

#1 — Final Fantasy XIV (version 1.0)
Square Enix, la franchise Final Fantasy, un budget considérable. Le lancement de Final Fantasy XIV en 2010 est encore aujourd’hui considéré comme l’un des pires de l’histoire du genre. Interface incompréhensible, performances catastrophiques, système de progression opaque. Les critiques ont été dévastatrices et la communauté a failli ne jamais pardonner. Ce qui distingue Final Fantasy XIV 1.0 de tous les autres jeux de cette liste, c’est la suite. Square Enix a pris la décision radicale de tout raser et de tout reconstruire. Les serveurs ont fermé en novembre 2012 avec une cinématique apocalyptique devenue culte. Et en 2013, A Realm Reborn est sorti. Le seul MMO de cette liste à avoir transformé son gâchis en rédemption.
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